Le jour où j’ai bossé dans un Fast Food


Il était une fois une jeune étudiante qui cherchait un boulot à mi-temps. Il était une fois une grosse société spécialisée dans le fast-food qui l’embaucha.
Il s’agissait du fast-food le plus visité de France, parce que situé dans le lieu le plus touristique de Paris : au Champs Elysées. En bref, y avait du taf.

[Pause - On va faire une petit jeu : Si on considère que l'histoire s'est déroulée il y a une quinzaine d'années, à cette époque il n'y avait que 2 sociétés américaines de restauration rapide sur les Champs Elysées : Burger King et McDonald's, à toi de deviner de quel fast-food parle ce post.]

Donc… l’étudiante, là je ne vais pas faire de mystère, c’était moi. Fraîchement arrivée de banlieue pour vivre dans une chambre-de-bonne-sans-toilette-ni-douche, pour vivre la grande aventure parisienne comme la presque provinciale que j’étais.

Les instructions lors de mon entretien d’embauche de 5 minutes sur le coin d’un comptoir en salle étaient simples : les horaires d’été des nouveaux vont de 18h à 2h du matin. Mais parfois on peut avoir besoin de toi pour le 6h-14h aussi. Et si t’es pas contente, tu vas voir ailleurs. OK.

Premier jour de boulot : je fais partie d’un groupe de "nouveaux" pris en charge par un employé jovial et enthousiaste. On nous montre une vidéo d’un américain au sourire ultra-bright qui nous explique qu’ici on n’est pas des employés, mais des "équipiers" car on fait partie d’une grande équipe soudée qui s’entraide et bosse en souriant. On découvre  notre tenue-pas-super-glamour avec casquette pour ne pas laisser des cheveux tomber dans la nourriture, on découvre la pointeuse, le compacteur (pour écraser les poubelles en t’envoyant du jus de coca dans le visage), et puis on voit aussi le regard des anciens en cuisine qui se marrent déjà à l’idée de ce que l’on va vivre ce soir.

Effectivement la formation se fait en un soir : en gros, on travaille à 4 sur une caisse, on court chercher les produits, on apprend à faire des glaces,  à gérer les retards en cuisine, à ne pas se faire piquer la place dans la queue pour les frites, à ne pas se faire piquer les boissons ou les burgers. Pour l’esprit d’équipe, on repassera.
Et puis, on apprend surtout à encaisser et supporter les clients : les accents des touristes, la mauvaise humeur des familles et la violence de ceux qui nous prennent pour des larbins.
45 minutes : c’est le temps moyen d’un client qui fait la queue dans ce fast-food. Après 45 minutes debout, devant un comptoir parmi 100 autres clients, c’est presque normal d’arriver énervé en caisse.

La fameuse caisse a un décompte : à partir du moment où tu appuies sur "Total", l’écran affiche les secondes. Le menu le plus populaire doit être préparé en 10 secondes maximum. J’ai appris à le faire en 7. D’autres se vantaient de le faire en 5 secondes mais au péril de leur vie, parce que derrière le comptoir c’est parfois aussi violent qu’une mêlée. Certains sont vraiment motivés par  le challenge. Personnellement, j’avais surtout la naïveté de croire que plus j’irais vite, moins il y aurait de client en caisse, et plus on me fouterait la paix (j’avais 19 ans, je le rappelle…).

Ca, c’était le côté négatif du boulot. Mais pour être honnête, j’ai adoré ce premier mois là-bas. Parce que je n’avais plus cours, que je me réveillais à 16h, partais bosser, faisais abstraction du boulot merdique avec ses cons de clients et finissais le taf avec une bande d’irlandais surexcités avec qui je faisais ensuite la fête toute la nuit. Je ne m’étais jamais fait autant d’amis en si peu de temps, je n’avais jamais fait autant de nuits blanches. Pour la jeune fille timide que j’étais, c’était magique. Encore maintenant, quand j’entends les Cranberries, je repense à cette époque avec nostalgie.

Mais c’était l’été. Et dans les fast-foods, il y a 2 périodes bien disctinctes : l’été et le reste de l’année.

Après avoir démissionné pour partir en vacances en Août, je suis revenue me faire ré-embaucher en septembre (l’avantage des compagnies américaines). Là, plus d’irlandais. Plus de fête la nuit.
Mes collègues sont partagés en 2 catégories : les étudiants et ceux qui ne le sont pas. Et dans ceux qui ne le sont pas, il y avait de sacrés cas (notamment un mec qui se faisait passer pour un psychiatre infiltré pour, soi-disant, étudier le comportement des "équipiers"…). Et puis arrive la fatigue accumulée sur plusieurs mois de rythme inégal. Le ras le bol d’avoir constamment une odeur de frite sur ses fringues . Et surtout, la haine des clients devient plus forte.

C’est aussi à cette période que j’ai découvert que certaines légendes urbaines sur les fast-foods étaient vraies : les inévitables cafards (dont certains se baladaient directement sur le plateau des clients), la découvertes de staphylocoque dans le jus d’orange, la confrontation avec une collègue qui avait la gale ("C’est la gale !" – "Mais non, je te dis que c’est un eczéma !").
Quand il s’agit d’un service de restauration qui embauche des gens qui n’ont aucune expérience dans ce domaine (ou dans un autre, d’ailleurs), à quoi peut-on s’attendre ?

Mais tout ça, c’était rien. Parce que mes premiers mois passés dans ce fast-food étaient au final plutôt serein par rapport à ce qui s’est  passé par la suite…

Productivité oblige, il y a eu un changement de direction. A la place d’une administration familiale (ils étaient tous mariés entre eux, à croire qu’ils ne sortaient jamais de là), on a vu arriver une équipe de "Winners" pour reprendre en main le magasin.

En grand chef de l’équipe de winners, on avait Adolf (*son prénom a été modifié bien entendu).


Adolf venait de la même banlieue que moi, et il s’est dit que ça nous rapprochait, lui et moi. Et puis, mes origines anglaises m’ont doté d’une peau particulièrement blanche et de yeux verts. Adolf, il aimait ça, les yeux verts et la peau diaphane.

Adolf s’est dit que la couleur de ma peau et de mes yeux était la preuve que je n’étais pas une voleuse le gros point fort de mon C.V. et que ça méritait une promotion : à partir de maintenant, fini la caisse, j’allais compter les sous.
Si Adolf avait vraiment lu mon C.V., il aurait vu que j’étais étudiante en Lettres Modernes et que les mathématiques, ça n’était pas mon fort. Mais bon, j’avais une promo, je n’allais pas laisser ce léger détail faire tout capoter. Compter les sous, c’était la super planque !

Ensuite Adolf a eu une autre idée de génie. Il a divisé les équipiers en 3 catégories : les peaux blanches, les peaux mates et les peaux foncées. OK, donc en gros, Adolf a décidé que les blancs seraient en caisse (pour faire plaisir aux clients), les asiatiques et les arabes seraient cachés en cuisine (pour faire plaisir aux clients) et les noirs seraient assignés aux poubelles et au balayage en salle (encore pour faire plaisir aux clients).

Adolf a même embauché 2 fois plus de monde. La rumeur courait que c’était pas reglo-reglo mais je n’en ai jamais eu la preuve parce qu’Adolf avait créé des guettos : impossible de discuter avec ceux des "poubelles" pour savoir si c’était vrai, cette histoire. De toute manière, même si ça avait été vrai, ils n’auraient sûrement rien dit.. D’abord parce qu’ils parlaient pas bien le français (technique d’embauche), et puis parce qu’avec cette idée de guetto à la con, les blancs ont commencé à se méfier des noirs, les mats ont commencé à envier les blancs, les noirs voulaient rien avoir à faire avec tous les autres et ainsi de suite.. Bref, ça a commencé à devenir ingérable.

Le pire c’est quand Adolf s’est rendu compte qu’il avait placé une handicapée des chiffres à la compta (moi !), et que les écarts de caisse de centaines de francs et les heures sup à me payer à compter, recompter puis réaliser les trous en caisse, ça n’allait pas le faire.

Je voudrais vous dire que tout s’est bien fini, qu’Adolf a été viré peu de temps après. Mais honnêtement, je n’en sais rien. J’étais trop occupée à essayer de me barrer. Au bout d’un an et demi, c’est arrivé.
Je suis partie quelques mètres plus loin, chez un gros marchand de disque de l’avenue. Quand j’ai donné ma démission, je suis devenue une star, mes collègues tentaient même de me donner leur C.V. pour que j’en parle à Richard Branson mon nouveau boss.

Je voudrais aussi vous dire que je ne mange plus dans ce fast-food. Pour être exacte, c’est vrai que je n’ai plus jamais mangé dans celui-là en particulier. Par contre, je suis devenue accroc à la junk food de cette chaîne alors que je n’y mangeais jamais avant d’y travailler.

Après tout ce que j’y ai vécu, pourquoi ? Probablement, parce qu’il y a une autre histoire que je n’ai pas raconté. Une qui définit tout ce que je suis aujourd’hui.

Après tout, on dit que la probabilité de rencontrer son âme soeur sur le lieu de travail est très forte, non ?

Ma folle année biographie


Il y a quelques jours je lisais ce très chouette article sur les biographies de célébrités et leurs effets hypnotisants et, cher lecteur, tu ne peux pas savoir comme je me suis sentie soulagée.

Soulagée, non pas parce que je découvrais que je ne suis pas la seule à être fascinée par les biographies. Mais surtout parce je découvrais enfin qu’une fille cool l’était aussi et le clamait haut et fort.

Parce qu’il faut l’avouer, c’est un peu honteux de dire que sur la vingtaine de livres que tu as lus dans l’année, les 3/4 sont des biographies. Même si les bio que j’ai lues n’ont rien à voir avec "Julien Lepers – Ma vie, mon oeuvre", avoue que ce n’est pas en lisant la bio de Jason Donovan dans un tramway bondé le matin que tu vas prouver au monde que tu peux avoir de la conversation.

Personnellement, il y a donc des bio dont je me tiens à l’écart parce que je veux me rapprocher à tout prix d’une "vérité".

On les appellera les "No-no" (celles que l’on évite) :

- Les "Antonia Fraser" que l’on trouve chez Relay en gare. Et pourtant, dieu sait que je suis tentée. Ca a la couv’ d’un livre d’histoire, ça a le format d’un livre d’histoire mais au final c’est digne d’un roman photo de Nous Deux (roman-photo que tu peux procurer ici d’ailleurs – ne me remercie pas). Et puis, pour être honnête, je m’en tape de savoir que Marie-Antoinette couchait avec le Cardianal de Rohan parce que je me vois pas dire à la cafet’ la matin : "Quoîî ? T’étais pas au courant que Marie se tapait Louis René Edouard ?!!" Et pourtant, dieu sait que j’ai été tentée d’acheter du Max Gallo parlant de Napoléon, mais au final j’ai juste acheté des manuels d’histoire pour me remettre à jour. (Par contre, on est d’accord qu’il faut aller voir leurs adaptations au cinéma, surtout quand c’est du Sofia Coppola).

- Les bio "non autorisées". Cette expression est formidable. Ca laisse imaginer que l’artiste a tenté de faire stopper la parution du livre tant les infos y sont croustillantes. Tu remarqueras d’ailleurs que la promo se base sur un scoop bien glauque en rapport avec (par ordre d’importance) : du sexe, de la drogue, un meurtre. En gros "Non autorisée" = Moi j’ai besoin de fric, toi tu veux du morbide, alors achète mon bouquin, au pire tu le revends après sur leboncoin.fr.
Sur les 100 scoops donnés, seuls les faits connus du grand public seront vrais et souvent la couv’ est horrible car l’auteur n’avait ni les moyens ni les autorisations nécessaires pour une belle photo. Bref, fuis ces livres. (EXCEPTION :  les bio non autorisées mais écrites par un membre proche de la famille – on y reviendra plus tard ici)

- Les bio de people à la vie chiante. Exemple : La bio de Mylène Farmer. Ou celle de Taylor Lautner. Ou encore, ma préférée, celle de Patricia Kaas.

- La bio du malade du SIDA (Charlotte Valendrey), ou du cancer (Pascal Sevran), ou de la droguée anonyme (Moi, Christiane F. etc..). Parce que, ressaisis-toi, le glauque a ses limites !

- La fausse biographie. Genre Molly Ringwald qui te laisse penser dans "Getting the pretty back" (mais quel piège, ce titre..) qu’elle va te raconter son adolescence de star de 80s alors qu’en fait tu te retrouves avec un manuel mémère qui t’explique comment te maquiller, avec quelle robe cacher ton cul ou comment élever ton enfant.

Donc ça c’était la liste de ceux à éviter. Par contre, il y a aussi les "Go get it !" (tu sais que tu peux foncer quand tu les trouves) :

- Les autobiographies. Rien ne vaut l’histoire racontée par la célébrité elle-même. Au minimum 80% des infos y seront probablement vraies, mais c’est surtout le point de vue de l’auteur qui te donnera le plus d’infos sur lui.
D’ailleurs, Top 5 des autobiographies les plus génioules :

  1. Life de Keith Richards : la rolls des bio. Parce que quand tu la lis, tu as l’impression d’être assis au pied de Papy Richards qui te raconte sa vie avec une gouaille de "lad" d’une banlieue pauvre de Londres et un humour si british. Le type a eu la vie la plus dingue du monde, et tu bois ces paroles au point que même quand il te donne des recettes à la con de saucisses-purée, tu trouves ça génial.
  2. Stories I only tell my friends de Rob Lowe. Un scoop par page, littéralement. Tu te replonges dans les 80s et tu n’as plus envie d’en sortir, ou alors pour te mettre un bandeau fluo dans les cheveux. Et puis tu découvres un Rob Lowe qui a une très haute opinion de lui-même, et c’est finalement assez drôle parce que tu tentes de déchiffrer chaque événement en te rappelant le compte rendu que tu en avait lu à l’époque, et bien en gros le mec se la pète complètement. En même temps, si j’avais joué dans les cours de récrée avec les famille Penn et Esteves, moi aussi je me la pèterais.
  3. Little girl lost de Drew Barrymore. Incroyable bio écrite par Drew à 14 ans. A l’âge où l’on apprend à écrire, Drew apprenait à vider les verres de champagne en soirée. A l’âge des premiers baisers, elle faisait de coke binges en boîte et roulait sans permis. Ce qui reste fascinant, c’est son regard de petite fille sur tout ça et son adoration pour sa mère. Quel regard porte-t-elle aujourd’hui sur ce livre, sur sa mère et sur le fait que sa maman lui apportait des scénarii à lire alors elle tentait de retrouver une vie normale en rehab’ ?
  4. Tough Sh*t de Kevin Smith. Même si ce n’est pas vraiment une biographie à proprement parler, Smith livre tant d’anecdotes personnelles que le livre s’en approche terriblement. Le talent de Kevin, et il le sait, c’est de savoir raconter des histoires. J’adore te lire, Kevin. J’adore tes podcasts, Kevin. Je rêve de te voir raconter tes histoires en live, Kevin. Mais je rêve aussi que tu tournes encore des films. Please ?
  5. Riders on the Storms de John Densmore. La meilleure bio des Doors que tu pourras  lire. D’abord parce qu’elle a été écrite par un des Doors, et surtout par le moins drogué des 4 ! Et sûrement le regard le plus lucide sur la folie rock des 60s et 70s que l’on puisse avoir.

- Ensuite, tu as les fameuses bio d’artistes racontés par un proche. Il n’y a que toi, lecteur, qui puisse juger de la bonne foi du proche. Moi, j’aime Madonna et j’ai décidé de croire son frère Christopher Ciccone quand il dit qu’elle l’a utillisé depuis sa plus tendre enfance dans Life with my sister Madonna. J’ai aussi décidé que le point de vue de Deborah Curtis, veuve et mère de la fille de Ian Curtis, apportait beaucoup d’éléments sur la personnalité de celui-ci hors groupe dans Touching from a distance. Et j’ai aussi décidé qu’Ari Boulogne était sincère quand il raconte qu’il est le fils d’Alain Delon et qu’il se shootait à l’héroïne avec sa mère Nico dans L’amour n’oublie jamais.
- Les bios sur-documentées. Même si ça peut être long et fastidieux à lire, une bio telle Wired de Bob Woodward sur la vie de John Belushi, racontée par tickets de caisse ou agenda interposés est incroyable. Chaque minute y est décrite, chaque passage chez le médecin, épicier, chaque réservation au Château Marmont, chaque rendez-vous, chaque pilule avalée y est documentée. Un compte rendu minuté des derniers mois, jours et dernières heures de la vie de Belushi. Et puis la bio est validée par la veuve de John Belushi alors bon..
- Les bio collectives. Sur un mouvement artistique, par exemple. Comme High Concept de Charles Fleming – un peu laborieux mais l’unique bio du producteur taré Don Simpson et des cinéastes excessifs qui l’entouraient. You couldn’t ignore me if you tried de Susannah Gora – ce qui se rapprochera le plus d’une "bio" de John Hughes avec témoignages de ses acteurs fétiches et la mise en abyme des teen movies des 80s. Mon chouchou: Le nouvel Hollywood de Peter Biskind (la bible des cinéphiles) racontant les débuts de Scorsese, Spielberg, Friedkin, De Palma et feu l’amitié liant Coppola à George Lucas. Leurs choix, l’influence des critiques, le pouvoir des acteurs-producteurs (Warren Beatty bonjour !), les premiers amours et surtout… les premières coucheries ! (cette Margot Kidder, quelle coquine..) GE-NI-A-LLI-SSI-ME.

Prochainement dans mon salon : l’autobiographie de Morrisey (qui arrive en fin d’année), le livre de voyage (probablement chiant mais on se refait pas) de Andrew McCarthy, et la bio de John Taylor des Duran Duran.

En 2013, promis, j’arrête.

Morning Sun


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Spleen de retour de vacances.

D’abord parce que j’ai passé presque un mois entre le nord (Danemark) et le sud (Madrid), et que j’ai du mal à retrouver ma place au milieu.

Ensuite parce que je sais que je vais manquer de repos dans l’année qui vient. Parce que je suis masochiste et m’inflige une reprise d’études tardive.
Mélange d’excitation de ré-apprendre à apprendre (si cela fait sens) et de peur. Que mon cerveau ne suive pas ou que ma vie personnelle en pâtisse. Sans compter, l’appréhension de rencontrer du monde et de m’obliger à être sociable.

L’été a été riche. Il faut que je me serve de cette énergie.

Ce blog a été délaissé en 2012, et l’année qui m’attend ne va sûrement pas améliorer les choses.

A moins que ce ne soit le contraire.

* Final de l’expo Edward Hopper du musée Thyssen-Bornemisza (à Madrid), une reconstitution du tableau Morning Sun. Le musée proposait d’imaginer ce que pensait la femme. Cette pensée est ici, sur ce post.

Vintage Style ! 1 Jour / 1 disque #2



Previously on God Save My blog,  je vous racontais que j’avais récupéré un tas de vinyles de chez mes parents et que je comptais en parler ici.

[OK. Donc ça, c'était il y a... un paquet de temps. Je tiens à préciser que le titre 1 jour /1 disque ne voulait pas dire que je prévoyais de poster chaque jour un article sur un vinyle. Non, ce n'est pas mon genre (en vrai, mon genre c'est ... euh non laissez tomber). Ça voulait juste dire que lorsque je posterai un article intitulé 1 jour /1 disque, il s'agira d'1-jour-où-je-parlerai-d'un-certain-disque. Oui, je sais, c'est confus, moi même je ne me comprends plus. D'autant qu'aujourd'hui ça ne veut rien dire puisque je vais parler de 2 disques. Enfin bref, ne vous attendez pas à voir chaque jour un post, y en aura pas. Voilà, voilà.]

Donc…

Afin que vous gardiez encore un peu une image de moi "cool" (parce qu’évidemment vous pensez que je suis hyper supra old mais cool… please ?), j’ai choisi de vous montrer ces deux perles de ma collection :

Le vrai disque du jour, c’est Running up that Hill (parce que Babooshka, c’est un disque que j’ai eu beaucoup plus tard lors d’un échange avec une copine, long story…).

Et celui-là, je me souviens précisément du jour où je l’ai acheté. J’hésitais entre Sting (Russians) et ce Kate Bush.

Alors j’ai demandé à ma mère si elle avait un avis sur celui que je devais acheter et, visiblement dégoûtée par Sexy Kate sur la pochette, elle m’a encouragée à acheter Sting "parce c’est plus récent".

OK, analysons ça : "plus récent" ? D’abord j’ai trouvé cette remarque bizarre (on n’achète pas parce que c’est "plus récent" – à la limite, on achète parce que ça date un peu trop et que l’on risque de ne plus le trouver dans le commerce dans une semaine), mais surtout ça me plaisait de faire le contraire de ce que ma mère me disait de faire donc j’ai acheté ce Kate Bush qui me rappellera toujours ce moment de pseudo rébellion débile.

Mais ça me rappelle surtout qu’un jour, mes enfants aussi auront leur période con (et que ça arrivera beaucoup plus tôt que je ne l’imagine…)

Maintenant examinons la pochette. Ça ne vous rappelle rien ? Moi, en voyant tout Paris placardé des affiches de Hunger Games il y a quelques mois, j’ai pensé que le photographe avait décidé de tout pomper sur Kate Bush. Même la moue de Jennifer Lawrence est comparable.

Par contre Jennifer Lawrence/Kate Bush c’est vraiment le grand écart. Aimer Kate Bush à 10 ans, et cette chanson en particulier, c’est cool aujourd’hui mais à l’époque c’était pas un truc de CM2, ni de 6e d’ailleurs. Ne vous méprenez pas, je suis dingue de cette chanson mais elle est…. étrange. On a l’impression d’entendre des zombies dans les choeurs, le texte est limite et le clip n’est guère mieux : la chorégraphie de Diane Grey (qui je connaissais par coeur parce qu’on n’avait pas de DS en 1985), les robes japonaises et surtout le passage des masques, c’était vraiment du Aphex Twin avant l’heure. Il est fabuleux, ce clip mais c’est un peu Sexy Kate au royaume des morts. Dire que j’hésitais entre ça et une chanson sur la tristesse d’être russe. On va dire que j’étais mûre pour mon âge. Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui ça me rend super fière.

Mais tous mes disques ne sont pas des fiertés. Oooooh non…

Après Kate, il va falloir que je tente de montrer un disque plus gai, plus idiot, plus honteux. On dit d’ici 3 mois ?

1 jour / 1 disque #1

Vintage Style ! 1 jour / 1 disque


Je n’alimente plus vraiment ce blog.
D’abord parce que je ne sais plus quoi y mettre, ensuite parce que j’essaie tant bien que mal d’apporter ma contribution à des sites plus professionnels, mais aussi parce que, il faut bien l’admettre,  je suis une grosse feignasse.

Et pourtant me revoilà avec une nouvelle "catégorie", me lançant dans un chantier que je ne suis même pas sûre de terminer. Et c’est comme ça pour tout : je me jette sur un bouquin et puis je le laisse prendre la poussière au bout de 50 pages, je prends des cours de guitare et j’abandonne au bout de 2 mois, je décide de retaper une pièce de mon appartement et elle peut rester en chantier pendant des années.
Je devrais sûrement faire un travail sur moi-même pour résoudre ça, mais en même temps j’ai toujours trouvé que le plus important, c’était de se lancer.

Donc, voilà. Je reviens juste de chez mes parents avec un paquet de 33t et 45t que j’écoutais de 9 à 14 ans environ. Ils étaient enfouis dans une malle depuis que j’ai quitté la maison familiale.
Pourquoi ai-je attendu tant de temps pour les récupérer, me demanderez-vous ? Parce que j’ai toujours pensé qu’ils risquaient moins d’être volés chez mes parents que chez moi (oui, c’est tordu mais bon… c’est juste que j’y tiens beaucoup).

2012 sera donc l’année de l’achat d’une platine vinyle et du retour des disques chez "maman".

Bienvenue à la maison, mes disques chéris. Pour l’occasion, je vais vous exposer, vous prendre en photo, parler de vous. Comme ça si un jour vous êtes volés, il me restera un peu de vous (tordu, j’ai dit…)

Donc, c’est parti :

Vous vous souvenez de Tracie Spencer ?
Perso, je l’avais rangé dans un des dossiers classés "sans importance" de mon cerveau. Mais en réécoutant ce disque afin de me rappeler ce dont il s’agissait, mon ventre a produit des spasmes de bonheur et mon cerveau 2 éclairs de clairvoyance :

  1. Je me suis dit que Tracie Spencer chantant "Symptoms of true love" sonnait comme une mini-Whitney Houston période "I wanna dance with somebody"
  2. Qu’elle devait maintenant être choriste

Je suis tombée tout près de la cible. Il se trouve que Tracie a commencé sa carrière musicale en chantant "How will I know" de Whitney Houston lorsqu’elle avait 10 ans, ce qui lui a permis de devenir la grande gagnante d’un télé-crochet. Et, après une carrière musicale honorable (mais qui n’a plus vraiment franchi l’Atlantique, ni même le Pacifique) elle a été choriste pour Kanye West et 50cent et aussi joué les mannequins et actrices. On a vu pire.

Elle avait 12 ans au moment de la sortie de Symptoms of true love, j’en avais un an de plus.
Je me demande si elle écoute cette chanson de temps en temps. Moi, depuis que j’ai retrouvé ce disque, je l’écoute très souvent.
Welcome Home.

1 jour / 1 disque #2